La boussole de la France, c’est sa devise

Redonnons des couleurs à notre devise, redonnons de la vivacité à nos couleurs !

Création : Marion Dournel pour PACE

Pourtant riche de talents, de savoir-faire, de créativité, la France est confrontée à une crise qui n’en finit plus : crise économique, bien sûr, mais surtout crise de confiance en soi et en l’avenir. Elle ne sait pas où elle va et on a l’impression, probablement fondée, que ses dirigeants politiques ne le savent pas non plus.

Pour moi, la direction est claire. Je veux :

  • une France équilibrée,
  • fidèle à ses valeurs,
  • acteur majeur d’une “République européenne” qui protège les citoyen(ne)s européen(ne)s et s’implique fortement dans la résolution des principaux problèmes affectant l’humanité.

J’ai commencé à traiter, dans les articles précédents (1), le 3ème volet de cet objectif, celui concernant le cadre européen dans lequel notre pays doit inscrire son avenir. Au fil des articles, j’essaierai de dessiner ce que j’entends par “une France équilibrée”.

Je me concentrerai donc ici sur la première partie de l’objectif : une France fidèle à ses valeurs.

Une France fidèle à ses valeurs, c’est une France qui s’interroge sur le contenu à donner à sa belle devise « Liberté, égalité, fraternité » en ce début de 21ème siècle. Car c’est précisément en lui étant fidèle qu’elle retrouvera son équilibre social, économique, écologique, territorial, et sa stabilité politique.

Pourquoi ? Parce que ces trois mots liberté, égalité, fraternité sont suffisamment forts pour nous servir de guides, de garde-fous, et suffisamment ouverts pour nous permettre d’adapter leur contenu aux besoins de notre temps.

La liberté

Défendre résolument nos libertés et en étendre le champ

La liberté guidant le peuple, par Eugène DELACROIX (Musée du Louvre)

La seule sonorité de ce joli mot, Li-ber-té, donne envie de se lever, d’entonner la Marseillaise et de se battre contre les nouvelles « tyrannies ».

Aimer qui l’on veut, choisir et révoquer ses dirigeants politiques, croire ou non en un dieu, créer, s’exprimer, manifester, caricaturer, voilà quelques-unes des libertés pour lesquelles nous devons nous battre sans concessions, sans relâche, contre les autoritaristes, les obscurantistes, les traditionalistes et… les lâches.

Dans le contexte actuel, il est essentiel de rappeler que s’il est vrai que les citoyen(ne)s ont besoin de sécurité pour pouvoir vivre librement, il faut néanmoins préserver un juste équilibre entre les contraintes de la sécurité et les libertés individuelles. Sans jamais oublier que c’est un philosophe français, Montesquieu, qui dans la foulée de l’Anglais John Locke, théorisa le principe fondamental de séparation des pouvoirs, entre pouvoir législatif (le Parlement, chargé de voter la loi), pouvoir exécutif (le gouvernement, chargé de faire exécuter la loi) et pouvoir judiciaire (la justice, chargée de veiller à ce que la loi soit respectée, y compris par les dirigeants).

Nous sommes tous émus et en colère lorsqu’une personne passée entre les mains de la justice, puis libérée, commet un crime odieux. Mais nous ne devons pas nous départir pour autant du respect du juge et de ses décisions car rendre la justice est un art difficile. Si nous le voulons, durcissons certaines sanctions dans le code pénal ou modifions certains points du code de procédure pénale mais, pour l’amour de la liberté, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

J’ajouterai que le respect d’un juste équilibre entre liberté et sécurité est indispensable pour avancer sur le chemin de l’unité politique européenne. Pour ne prendre que l’exemple de nos cousins allemands, leur expérience funeste du nazisme les a rendus très vigilants sur la question des libertés individuelles. C’est une bonne chose. Alors, défendons-nous et défendons nos valeurs, OUI, fermement, OUI, en y mettant les moyens qu’il faut, OUI, mais dans le respect de la Liberté.

Car comme nous l’a transmis le peintre Eugène Delacroix, c’est la liberté qui doit guider le peuple, nous guider. Non la peur.

Quels sont les espaces de liberté à conquérir ou reconquérir ? Ils sont nombreux, mais à ce stade j’en citerai deux :

  • la liberté de créer est aujourd’hui freinée par l’excès de normes et de charges qui pèsent sur les créateurs, notamment dans le domaine économique, mais aussi associatif ;
  • la liberté d’expliquer sa situation à un fonctionnaire qui va prendre ou a pris une décision à votre encontre est quasiment annihilée par la numérisation et la dépersonnalisation des administrations : on a de plus en plus affaire à des machines, non des personnes douées d’intelligence et de sensibilité.

Ces situations sont insupportables et doivent être corrigées.

L’égalité

Remettre en marche l’ascenseur social

Pixabay

Des trois fleurs de lys de notre devise, la plus difficile à faire s’épanouir est l’égalité. L’égalité théorique des droits est une réalité dans notre pays, sauf exception, mais elle ne saurait suffire à compenser les inégalités de situation liées à l’hérédité, à l’environnement familial affectif et culturel, à la fortune, aux diverses formes d’intelligence, à la maîtrise ou non de certains codes sociaux.

Voilà pourquoi je mets en avant le concept de Révolution pacifique. Parce que je suis convaincu, comme la plupart des Français(es), que l’instruction est la clé d’une plus grande égalité. Il appartient aux parents d’éduquer leurs enfants mais il revient à la collectivité, en liaison avec la famille, de les instruire, de repérer leurs talents et de les aider à les développer, de leur ouvrir des portes, des fenêtres, de les inviter à se dépasser, de leur donner les codes qui leur permettront de se frayer un chemin dans la société.

C’est pour cette raison que le chantier n° 3 de la Révolution pacifique consiste à « consentir un effort exceptionnel et soutenu en faveur de l’enseignement primaire, afin de donner plus de chances aux enfants et d’en faire des citoyen(ne)s à part entière ».

Le rôle des institutrices et instituteurs est fondamental dans la formation intellectuelle et civique des enfants, en complément du rôle des parents. Je ne serais probablement pas ce que je suis sans cette institutrice, admirable, que j’eus en primaire à l’école communale de Montolivet, à Marseille, Madame Dartois. C’est aussi en souvenir d’elle que je mène ce combat.

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Les mesures que je préconise sont les suivantes :

  • augmenter de façon significative la rémunération des institutrices et instituteurs afin de rendre leur métier plus attractif et d’attirer les meilleur(e)s candidat(e)s ;
  • utiliser les méthodes pédagogiques les plus interactives pour enseigner les fondamentaux en français, en calcul et dans une seconde langue européenne ;
  • rendre l’école effectivement OBLIGATOIRE pour tous les enfants présents sur le territoire, dès la maternelle. On voit dans nos villes, en pleine journée, des enfants qui font la manche; cette situation, au nez et à la barbe des autorités, n’est pas tolérable.

La qualité pour tous de l’enseignement primaire est le socle sur lequel se construit l’égalité. Mais elle ne suffit pas : à chaque étape de la formation physique, intellectuelle et psychologique d’un jeune, nous devons nous demander comment maximiser ses atouts, ses chances.

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Je prendrai quelques exemples :

  • le développement d’internats de qualité ;
  • la mise en place “ d’ateliers de construction du projet professionnel ” de nos jeunes lycéens ;
  • l’accès aux stages dans le secteur public ;
  • l’accès aux écoles de commerce ;
  • l’ouverture vers l’Europe ;
  • la confiance en soi grâce au dépassement de soi.

Le développement d’internats de qualité

Beaucoup de jeunes de milieux modestes ne peuvent pas étudier chez eux dans de bonnes conditions. L’Etat et les collectivité territoriales doivent pouvoir proposer aux parents des internats de qualité afin de répondre à ce souci.

La mise en place “ d’ateliers de construction du projet professionnel “ de nos jeunes lycéens.

Il s’agirait, dès la 3e, d’aider les jeunes à construire patiemment et sans pression, jusqu’à la terminale, leur projet professionnel. Peu importe s’ils en changent chaque semestre, peu importe s’ils sont trop ambitieux ou pas assez… Il faut leur permettre de mettre eux-mêmes en perspective leur vie future et d’en devenir les acteurs. Pour cela il leur faut des modèles, des rencontres, des découvertes.. mais aussi un suivi, des conseils à mettre en oeuvre grâce de courtes conférences thématiques, des interventions avec de professionnels passionnés et.. des tuteurs adéquats. L’objectif n’est pas de déterminer des choix définitifs dès la 3e, mais d’encourager la réflexion d’un jeune sur les moyens dont il dispose, sur ceux dont il devra se doter, sur le sens de ses études et orientations successives. Concrètement chaque élève compilerait, sur une page Web personnelle et confidentielle, ses réflexions, ses découvertes, ses choix, ses documents, sous la houlette d’un tuteur qu’il pourrait rencontrer régulièrement.

L’accès aux stages dans le secteur public

Pour limiter l’impact du “piston”, il faudrait confier l’attribution des stages dans les administrations à une petite agence qui recevrait les offres et les attribuerait aux candidat(e)s en fonction de critères objectifs.

L’accès aux écoles de commerce

Les écoles de commerce, qui ouvrent les portes des emplois d’encadrement dans les grandes entreprises, sont très chères, excluant de ce fait beaucoup de jeunes. Il convient d’encourager toutes les initiatives permettant de rendre la scolarité dans ces écoles accessible aux plus modestes et, en complément, derenforcer la filière publique en management composée de 31 IAE (Instituts d’administration des entreprises). Je propose notamment que nos ambassades aident les IAE à renforcer la dimension européenne et internationale des études, à moindre coût.

L’ouverture vers l’Europe

Très utile pour augmenter ses chances dans la vie professionnelle, cette ouverture doit être apportée à un maximum de jeunes. Dans notre livre “Donne une voix à l’Europe”, page 41, nous avons proposé d’étendre le programme ERASMUS à tous les jeunes, quel que soit leur niveau d’études, et de leur attribuer un crédit kilométrique ferroviaire — carte de train gratuite — à utiliser en Europe entre 17 et 25 ans. Nous avons aussi demandé que le doublage des films, à la télévision, soit remplacé par du sous-titrage afin de faciliter, dès le plus jeune âge, la familiarisation avec les langues européennes. De nombreux pays ont recours à ce sytème, avec succès.

La confiance en soi grâce au dépassement de soi

Une bonne éducation ne consiste pas seulement à transmettre des savoirs : elle doit inclure le développement de la confiance en soi au travers du dépassement de soi. C’est tout d’abord dans le sport que l’on apprend à être “bien dans sa peau” et à se dépasser. Il doit donc tenir une place importante dans l’instruction et les cursus scolaires et universitaires. Le service militaire offrait autrefois aux jeunes gens la possibilité de se mettre au défi et de réaliser que l’on peut toujours se dépasser, que les limites sont le plus souvent dans la tête. J’entends redonner cette chance aux jeunes des deux sexes au travers d’un service militaire ou civique qui inclurait une composante sportive significative.

La fraternité

Trouver le juste équilibre entre solidarité et responsabilité

La solidarité, morale ou matérielle, est la traduction du concept de fraternité. Elle intervient lorsqu’une personne se retrouve en situation difficile.

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Pixabay

La solidarité entre citoyens aisés et citoyens pauvres, jeunes et anciens, bien portants et invalides, entre régions, entre la communauté nationale et les citoyen(ne)s affectés par une catastrophe (ex : climatique pour les agriculteurs), est un élément constitutif de notre civilisation. Nous devons tout faire pour le préserver et utiliser nos ressources limitées de la façon la plus efficace possible, sans décourager ceux qui contribuent au financement de cette solidarité. Ils doivent avoir la conviction qu’elle est organisée de façon optimale et équitable, et qu’elle s’accompagne d’une mise en responsabilité des bénéficiaires, autant que possible.

La solidarité doit aussi tenir une place importante aux plans européen et international. Pour l’Europe, je pense évidemment à la Grèce. C’est la raison pour laquelle je souhaite que la République européenne que j’appelle de mes voeux dispose d’un budget significatif (3 à 5% du PNB, pour commencer) afin de pouvoir intervenir assez puissamment pour corriger des déséquilibres régionaux, pour aider les pays européens périphériques à valoriser leurs atouts. En ce qui concerne la solidarité vis-à-vis d’autres pays du monde, voir ci-dessous l’article intitulé “Vers une diplomatie pacifique”.

N’oublions jamais que la solidarité, que ce soit au plan national, européen ou international, est essentielle pour la stabilité politique et économique, et donc pour notre sécurité et notre prospérité.

14 juillet 2016 en Provence : entre drapeau tricolore et drapeau étoilé, Roxane REVON et moi célébrons à la fois la fête nationale et notre qualification dans le cadre de LaPrimaire.org, .

(1) Article n° 1 : Français(e), Européen(ne) et citoyen(ne) du monde — Article n° 2 : Construire la République européenne — Article n° 3 : Vers une diplomatie pacifique.

A propos de LaPrimaire.org

Cet article fait partie d’une série d’articles présentant mon projet politique exposé dans le cadre de LaPrimaire.org. LaPrimaire.org est une primaire citoyenne démocratique et ouverte dont le but est de faire émerger une candidature citoyenne forte pour les élections présidentielles de 2017. Vous pouvez retrouvez tous mes articles et mon profil sur ma page candidat (Philippe Mazuel).

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